De la ville blanche à l'enfer des mines d'argent

Publié le par Ophelie

Et oui, j'ai enfin quitté La Paz pour la capitale administrative de la Bolivie, la belle ville de Sucre. J'en avais entendu du bien par tous les voyageurs croisés, et effectivement, je ne suis pas déçue. Après un trajet de nuit plutôt confortable pour la Bolivie, je découvre une ville toute blanche, toute propre, beaucoup plus calme que La Paz. Ça fait drôle! Après un premier petit tour dans la ville pour en goûter l'atmosphère, je me pose dans un café devant une énorme salade, et profite de l'excellente connexion wi-fi pour mettre mon blog à jour et prendre quelques nouvelles. Et à ce moment-là, je vois arriver Gwenn et Gurvan, déjà rencontrés à La Paz et à Rurrenabaque. Après s'être raconté nos derniers jours, et bu un petit expresso excellent, nous partons visiter une église (et oui, tout arrive!). Mais c'est pas si simple, oh, on est en Bolivie quand même! Donc, pour visiter l'église, il faut aller frapper à la porte d'une autre église. Mais comme il n'y a personne, on demande, et il faut aller frapper à la porte de la paroisse d'une troisième église (et oui, il y en a des églises en Bolivie, les Conquistadores ont bien fait leur boulot...). Et là, on nous dit qu'il faut retourner à la première église parce que la dame doit être là-bas. Mais puisqu'on t'a dit qu'elle n'y est pas, tu peux passer un coup de fil qu'on n'y retourne pas pour rien? Ah, elle ne répond pas? Ben normal, elle n'y est pas...Ah, la voilà! Elle revient de chez le docteur, mais en même temps, elle ne comprend pas pourquoi on ne l'a pas trouvée, parce qu'elle est à la première église depuis une heure... Il semble donc que nous ayons affaire à quelqu'un qui a le don d'ubiquité, puisqu'elle peut être à la fois à la première église, à la troisième église et chez le médecin... No comment, la Bolivie, c'est ça! Nous allons finalement visiter la fameuse église de La Merced, qui vaut surtout le coup, à mon avis et vu ma fascination légendaire pour les édifices religieux, pour la possibilité qu'elle offre de monter sur le toit et d'admirer la ville de plus haut. Et ça ne s'arrête pas là, nous allons également visiter le couvent de San Felipe Neri. Là encore, le must, c'est la visite du toit, et la vue qu'elle offre.

Cet intermède hautement culturel terminé, Gwenn et Gurvan ont décidé d'être de vrais potes sur ce coup-là, et veulent absolument que je ne perde pas mon challenge-tour-du-monde, et c'est donc parti pour une soirée bien arrosée. Comme l'alcool local ici, c'est pas légion à part le tord-boyaux à 96° qu'ils boivent dans les mines, ce sera Mojitos et Caipirinhas. Il ne nous en faudra pas beaucoup, l'altitude aidant... En route, nous rencontrons deux français de passage éclair à Sucre, et menés par Gurvan qui a interrogé des locaux pour savoir où sortir, nous voilà partis pour "la meilleure boîte de nuit de Sucre", le Memo. Et là, ouah, c'est le choc dès l'entrée... Soit on a fait une mauvaise blague à Gurvan, soit il n'a rien compris, mais c'est presque la quatrième dimension: déjà, une forte odeur de pisse de chat nous prend à la gorge dès l'entrée, mais on ne renonce pas... C'est quand même la meilleure boîte de Sucre, come on! Une fois le seuil franchi, nous découvrons un écran géant de karaoké, pleins de petits boliviens qui chantent et se trémoussent au son du raggaeton, servis par ce qui ressemble à des petits garçons de douze ans, chupa chups dans la bouche, qui ne semblent pas gênés par la puanteur ambiante. On est morts de rire, Gurvan et Gwenn socialisent et découvrent qu'un des minots fête son anniversaire, on prend un verre (enfin pas moi, j'en ai déjà bu assez), puis on se décide quand même à quitter ce bouge pour retrouver le bon air frais de l'extérieur, et par la suite notre lit. Gwenn et Gurvan ont un train pour Potosi le lendemain matin.
Jour suivant, je me lève et pars prendre mon petit-déjeuner au marché: jus de fruit frais sur un tabouret, entourée des papys boliviens venus lire le journal mis à disposition. Quelques empenadas, petite ballade dans la ville, et je pars pour la gare routière pour attraper mon bus pour Potosi. Et là, je retrouve Gwenn et Gurvan qui ne se sont pas levés pour prendre le train, et qui ont mal aux cheveux, comme moi! Nous partons donc ensembles pour Potosi, à quelques heures de bus. Là encore, nous découvrons une belle ville, à l'architecture coloniale omniprésente. Perchée à plus de 4000 mètres d'altitude, c'est une des plus hautes villes du monde, et elle est dominée par le Cerro Ricco, montagne de minerai d'argent. Ici, donc, le business local, c'est les mines. La ville a été fondée par les hispaniques dans le seul but de leur exploitation, est devenue au 16ème siècle une des villes les plus peuplées d'Amérique du Sud. Un nombre impressionnant d'indiens et d'esclaves venus d'Afrique sont morts dans ces mines. La légende dit qu'on a extrait assez d'argent des mines de Potosi pour construire un pont entre l'Amerique du Sud en Espagne, mais que les ossements de tous les mineurs morts y suffiraient également... Si aujourd'hui les réserves d'argent sont quasiment épuisées, on y extrait encore de l'étain. Les mines sont encore exploitées artisanalement par les habitants, dans des conditions de travail et de sécurité désastreuses... J'ai décidé de visiter les mines sur les conseils du patron de mon hôtel qui nous a dit qu'une fois qu'on aurait vu ça, on ne se plaindrait plus jamais de notre boulot. Et effectivement, c'est assez effrayant. Les mineurs aux visages durs creusent la roche dans une atmosphère saturée de poussière, dans des boyaux étroits où l'oxygène est rare et où la température atteint parfois les 45°, 10 heures par jour, six jours sur sept, tout ça pour quelques euros... J'ai abrégé la visite au deuxième sous-sol (les autres sont descendus jusqu'au quatrième), j'en avais vu assez pour me rendre compte des conditions de travail déplorables de ces gens. Un des mineurs qui m'a raccompagnée à l'extérieur m'a demandé ce que je faisais en France, et quand je lui ai dit que j'étais prof spécialisée, il m'a dit qu'il n'échangerait sa place avec la mienne pour rien au monde, parce que mon boulot était terriblement dur... Difficile à croire, mais il était sincère!

Après cette visite en enfer, c'est le moment de reprendre la route. Mais là encore, mes plans ont été bousculés... Je voulais rejoindre le nord du Chili, et plus particulièrement San Pedro de Atacama, mais encore une fois, on est en Bolivie, et rien n'est simple. Il y a un bus le jeudi depuis Uyuni, donc si j'ai de la chance, je prends un premier bus de Potosi à Uyuni, huit heures de trajet, et j'attrape de justesse le bus pour San Pedro. Bon, en décodant le bolivien, ça donne: si le bus est en retard, ce qui à 99% de chance d'arriver, tu vas arriver à Uyuni au milieu de la nuit, et tu verras peut être ton bus au loin, déjà parti. Bon, ben c'est pas grave, je prendrai le suivant. Ah, il est lundi? C'est ballot quand même! Bon, ben voilà, je n'irai pas à San Pedro! Je saute donc dans un bus pour la frontière argentine, refaisant exactement le trajet fait avec Fabien en Août. En compagnie de Gwenn et Gurvan qui s'arrêtent au passage à Tupiza, je monte dans mon dernier bus bolivien pour douze heures de tape-cul à vous faire sauter les lombaires une par une, installée à l'arrière, là où c'est le plus fun. Bien évidemment, on ne ferme quasiment pas l'oeil, je dis au-revoir à mes deux compagnons de route, et je passe la frontière au petit matin, bien plus vite que la dernière fois. Je saute directement dans un bus, et me voilà repartie pour sept heures... Mais là, on voit tout de suite que j'ai changé de pays, le bus a des amortisseurs et des freins, et il y a une route!!! Je récupère un peu de ma nuit, et arrive à Salta sous une chaleur écrasante. Je rejoins l'auberge de jeunesse où nous avons séjourné la dernière fois, et passe une soirée internationale très sympa, avant de m'écraser au lit pour passer la meilleure nuit depuis un sacré bout de temps!

Voilà, pour ceux qui s'inquiétaient, le moral est revenu, il fallait qu'il y ait une période creuse, c'est fait. Je me pose un peu à Salta, puis direction Buenos Aires de nouveau, où je dois entre autre retrouver Mark, un anglais avec qui j'ai voyagé un moment au Laos l'année dernière, assister à un concert doné par Pablo, le mari de Carolina, ma copine portena du couchsurfing, puis normalement, je devrais faire un crochet par l'Uruguay pour aller voir Javier que j'ai rencontré au Pérou. Prochaines news donc soit à BA, soit à Montevideo!
Ah oui, parce que j'y pense et que je ne suis pas complétement deconnectée de la réalité, je souhaite de bonnes vacances à tous mes collègues et toutes mes copines, et aussi à ma soeur qui m'a rappelé ce détail grâce à Facebook. Bon, je sais, celles-là, elles sont trop courtes...

Et puis, comme cette fois, la Bolivie, c'est vraiment fini, c'est le moment du petit bilan:

 BILAN BOLIVIE:

- temps passé: 4 semaines.

- argent dépensé: environ 700 euros, soit une moyenne de  25 euros par jour.. 
Les  grosses dépenses: descente de la route de la mort en VTT (45 euros), trek dans la pampa (60 euros), vol Rurrenabaque-La Paz (40 euros), tour au Salar d'Uyuni (120 euros), achat d'un charengo (40 euros), réparation de mon appareil-photo (33 euros). J'aurais pu (et du) dépenser moins, mais je me suis fait bien plaisir sur les restaurants...

- un coup de coeur: la ballade à cheval à Tupiza ou encore le ciel étoilé dans la pampa...

- une erreur de parcours: pas vraiment, j'ai été malade, c'est ce qui a le plus perturbé mon parcours...

- de belles rencontres: Gwenn et Gurvan ou encore Lucie et Jess. Jean-Paul à La Paz qui a été là quand j'étais malade..

- choses volées: aucune.

- choses perdues: les gants offerts par Carolina, laissés dans la surveste lors de la descente de la mort...

- une boisson: rien de typique, des petits cocktails par-ci par là...

- un plat: Ah non! La nourriture bolivienne, c'est pas bon! J'ai profité à fond des restaurants internationaux de La Paz et d'ailleurs!

- une chanson: Alors là, rien, mais rien de local! Juste parce que je l'aime bien, et parce que c'est une preuve que j'ai fréquenté des hôtels bien anglophones et pas du tout typiques!  link

- et enfin quelques bonnes adresses:
- Bar Nemo à Copacabana
- Restaurant la Guinguette à La Paz
- Restaurant Star of India à La Paz
- Restaurant El Amir à La Paz
- Restaurant Le Marrakech à La Paz
- Hôtel El Cafetal à Coroico
- Hôtel Koala Den à Potosi
- Bar-restaurant Joy Ride à Sucre

Alors la Bolivie, j'ai moins aimé que prévu. Je pense que c'est une question de timing. Déjà, j'avais tellement aimé le Pérou qu'il y avait un sacré challenge... Et je pense que le fait d'avoir été malade ne m'a pas aidée à apprécier pleinement le pays. Et enfin, c'est un pays plus difficile pour voyager seule: beaucoup de trekking et d'activités ne sont pas accessibles si on n'est pas un groupe d'au moins deux... J'ai donc l'impression de ne pas en avoir autant profité que j'aurais dû! Les paysages sont cependant impressionnants, certainement parmi les plus beaux au monde...
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Publié dans Bolivie

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G
<br /> on se recroise très vite<br /> bon voyage<br /> G et G <br /> <br /> <br />
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O
<br /> Hey le couple infernal! Espero vervos para compartir otro loco momento... A très bientôt sur la route alors! Suerte<br /> <br /> <br />
C
<br /> <br /> On te fait un petit coucou et sommes contents car tu vas bien et surtout tu as le sourire et l'enthousiasmedu<br /> début<br /> ENORMES CALINS tes fans.<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> Moi aussi, je vous fait un grand coucou, et je pense bien à vous. Oui, j'ai le sourire, pas de problème, tout va mieux. Besos y un abrazo.<br /> <br /> <br />
V
<br /> <br /> Non, c'est juste le début du printemps : l'inverse de chez nous où l'automne débute. L'été (date officielle) ce sera à compter du 21/12... Faut patienter encore un peu !<br /> <br /> <br /> <br />
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V
<br /> <br /> Je comprends que t'hésite mais y'a pas que des jours de pluie et de neige, y'a aussi de belles journées qui permettent d'apprécier des<br /> paysages magnifiques ! Bon, en même temps, aujourd'hui je suis installée dans la salle commune de l'auberge de Pucón (Chili) et je regarde tomber la pluie en préparant la mise à jour du blog. Le<br /> feu dans la cheminée dans mon dos est plutôt agréable ! Disons que la fraîcheur extérieure fait apprécier l'accueil chaleureux !!!<br /> <br /> <br /> <br />
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O
<br /> Euh! Mais c'est ps censé être un peu l'été normalement???<br /> <br /> <br />
V
<br /> Je vois que c'est repartie, que t'es à nouveau en pleine forme ! Profites-en !<br /> De mon côté après une petite baisse de régime de deux jours (sale temps et migraine combinés), je viens de passer une belle journée sous le soleil mais dans un froid glacial. Demain, le Chili...<br /> <br /> <br />
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O
<br /> Arf! Les baisses de régime, ça fait aussi parti du voyage, ça doit arriver de temps en temps, sinon, c'est qu'on est sous cocaïne bolivienne H24!!! Je me tâte à descendre, ton expérience météo me<br /> fait peur. Il fait 25° à Rio, ça fait rêver. Qui sas...<br /> <br /> <br />