Bolivie, c'est beau la vie!
¡Bienvenidad en Bolivia !
Nous venons de passer une courte semaine dans le sud de la Bolivie. Après quelques heures de bus (encore…), nous sommes arrivés à la frontière bolivienne, et avons eu la chance de passer devant toute une file de locaux qui attendaient depuis deux heures, grâce à la tchatche d’un argentin qui était dans le bus avec nous. Arrivée donc à Villazon, la ville frontière du côté bolivien, et là, on voit tout de suite qu’on a quitté l’Argentine : costumes boliviens, stands de bouffe dans la rue, tout le bric à brac possible imaginable à vendre dans les magasins, un repas complet à 2 arrosé d’une bière pour 4 euros, bref, c’est déjà plus typique, et personnellement, ça me plait plus !
Puis départ en train pour Tupiza, après une petite visite médicale obligatoire à la gare, des fois qu’on leur refile la grippe A… Bien sûr, tout le monde répond « non » quand on nous demande si on a des symptômes, alors qu’on a tous le nez qui coule, normal quand on a quitté 36° en Europe pour arriver ici en plein hiver ! Conclusion : il faut mettre un masque en entrant dans le wagon, puis après, on peut l’enlever, c’est bon… Va comprendre !
Tupiza, c’est la ville perdue au milieu d’un décor de western, et qui dit western dit cheval. Et ici, pas de déguisement de gaucho, mais comme parait-il Butch Kassidy et le Kid ont fortement laissé leur empreinte, on déguise le touriste en cow-boy. Nous voilà donc partis pour 7 heures de randonnée à cheval, équipés de jambières en cuir, de bandanas, et surtout, de vrais chapeaux de cow-boy en cuir. Et non, on n’a pas du tout l’air ridicule ! Et c’est vrai que les paysages sont exceptionnels,époustouflants, magnifiques, hallucinants, encore une fois, pas de mots. Et la randonnée à cheval était géniale : rien à voir avec notre petite ballade au pas à San Lorenzo… Là, traversée de canyons et de rivières au galop, sous un soleil de plomb, un vrai, vrai goût de western, on en vient même à se dire qu’on porte pas mal le chapeau en cuir… Ma petite sœur, tu peux être fière de nous, on a assuré, on a fait du grand galop dans la rivière, c’était magique !
Le lendemain, départ pour un trip de quatre jours en 4x4, au départ de Tupiza, et en direction d’Uyuni. On s’est associé avec 2 Allemands, Tobias et Stéphanie, et dans la voiture avec nous, il y a Elmer le chauffeur et Gladys, la cuisinière. Bon, ça sonne pas très bolivien comme nom, plutôt genre soap à l’américaine, mais on fera avec… Après un départ, puis un retour au bout d’une heure à Tupiza pour récupérer la pochette contenant ma CB et ma réserve d’argent d’urgence oubliée à l’hôtel (bon, il fallait que ça m’arrive, ceux qui me connaissent bien savent que je perds toutes mes choses, mais maintenant, je fais super gaffe…), puis un re-départ, on commence à voir ce qui nous attend les 4 prochains jours : de bonnes rigolades avec nos potes allemands, un froid quasi-polaire, de looongues heures dans la voiture (et on a quelques vieilles douleurs bien placées du cheval de la veille…), et surtout des paysages magnifiques. Un petit échantillon ici, bien plus dans l'album, et encore plus dans l'ordinateur...

Je sais, je me répète, à chaque fois je dis que c’est hallucinant, mais pour l’instant, pour nous, l’Amérique du Sud, c’est ça : on tourne la tête, et là, on ouvre la bouche, et on fait « Wouaouh ! ». Et là, on a fait « Wouaouh ! » pendant quatre jours. Enfin, quand on ne claquait pas des dents. Et oui, la Bolivie, c’est haut et ça caille. L’hébergement est rudimentaire : pas de chauffage, de douche, ni d’électricité, on a prévu les accessoires en alpaga qui vont bien et les sacs de couchage grand froid (merci à ceux qui ont contribué à ce cadeau pour mon anniversaire, c’est grâce à vous si je n’ai pas été cryogénée pendant ce trip…). Première nuit à 3500m, 5°, on a de la chance, ça peut descendre jusqu’à – 20° en cette saison… Deuxième nuit à 4800 m, et malgré les feuilles de coca, un petit coup de « sorroche » (le mal de l’altitude) pour moi, avec quelques nausées. Et une température de -10°, on a de la chance, ça peut descendre à – 30° en cette saison. Troisième nuit dans un hôtel de sel, avec les lits en sel, les murs en sel, les lits en sel, au sol, du… sel ! Bon, là, on a dû repasser à 0°, on a de la chance, je ne vais pas vous la refaire. Le bonus de l’hôtel de sel, c’est la douche, (non, elle n’est pas en sel…), parce que jusque là, on avait juste un robinet glacé… Par contre, le top confort, c’est la nourriture : Gladys nous a gâtés, on s’est régalé, pancakes au petit-déjeuner, des légumes à volonté (et après l’Argentine et sa viande, on apprécie…), des fruits, des chocolats, des bonbons, des petits gâteaux, des plats succulents, bref, un vrai bonus !
On s’est levé tôt, très tôt, (et donc on s’est couché tôt, très tôt, après avoir appris aux Allemands à jouer au Shithead…), on a eu froid, très froid, et tout ça pour quoi ? Pour voir des paysages uniques : des montagnes, des volcans, des lagunes, des geysers (à 5150 mètres de haut, record définitivement battu), et pour terminer, le grandiose Salar d’Uyuni, quasiment 12 000 kilomètres carré de désert blanc, constitué par une couche de sel d’une épaisseur de 15 mètres. Un lever de soleil sur ce blanc à perte de vue, c’est un truc de dingue… et c’est aussi l’occasion de prendre des photos en utilisant la perspective… Une bonne heure où on s’est marré avec Tobias et Stephanie, une partie des résultats dans l’album photo... On a aussi vu des lamas, des vigognes, des renards, des chinchillas, des flamands roses, des oiseaux bizarres, un tatou, on a échappé au puma…
On a laissé Tobias et Stephanie à Uyuni à 13 heures, et nous sommes repartis vers Tupiza avec Elmer et Gladys, à priori pour 5 heures de route. Et là, c’est le drame : nous sommes arrivés à Tupiza à 22H30, soit presque 10 heures plus tard. Alors, déjà, j’ai appris un nouveau mot, « Pinchamos », qui signifie : « On a crevé ». Donc première « pinchada », pas de roue de secours, on emprunte celle du 4x4 qui arrive quelques minutes après, puis au village, on leur rachète une roue de secours neuve. Et là, évidemment, n’importe quelle personne sensée en aurait racheté une pour nous aussi. Mais la Bolivie, c’est pas ça, et quelques kilomètres plus loin, pinchada ! Et c’est là qu’on a vu toute la mesure du système D à la bolivienne : démontage du pneu, réparation de la chambre à air avec une rustine, regonflage du pneu grâce à un petit gonfleur monté sur le moteur, et hop, c’est reparti ! Bon, à ça, il faut rajouter que le radiateur fuit, et que le chauffeur a utilisé toute l’eau restante pour mettre dedans. Donc, il faut s’arrêter dès qu’il y a un ruisseau pour s’approvisionner. Bien sûr, on est sur une route bolivienne, ce qui équivaut à un de nos GR, mais large comme un 4x4 et demi, en bordure de précipice, on est en altitude, il y a un vent de dingue, donc ça caille. On a pris du retard, on est au milieu de nulle part, on en a un peu marre…
Et là, c’est la catastrophe : on percute un autre 4x4 qui arrivait en face dans un beau virage en lacet en bord de précipice, bien correctement. Franchement, on a eu une chance de dingue, nous n’avons rien eu, j’ai juste tapé le nez dans l’appui-tête de devant, et la voiture n’est pas parti en vrille dans le précipice. Après un constat à la bolivienne (une grosse engueulade, tout le monde a raison, on ne peut pas se mettre d’accord, donc on part en disant qu’on ira à la police, photos prises par Fabien à l’appui…), on essaie de repartir, mais le capot avant défoncé frotte la roue et le radiateur qui fuyait est carrément en train de se vider sur la route. Nous sommes au milieu de nulle part, pas moyen de repartir, pas de signal téléphonique, on ne veut plus remonter dans le 4x4, on préfère braver le vent glacial… et on se dit que c’est pas gagné… La nuit est en train de tomber, le chauffeur a soit disant été à pied plus bas appeler du renfort, mais on pense qu’il dit ça juste pour nous calmer, parce qu’on était sérieusement en train de péter les plombs après plus d’une demi-heure sur le bas côté… Et là, arrive un autre 4x4, et en sortent deux français, Stéphane et Yannick. On n’a jamais été aussi content de rencontrer des français à l’autre bout du monde… Leur chauffeur décide de dépanner notre voiture, ils nous promettent de ne pas nous laisser au milieu de nulle part comme ça, nous donne de l’eau (ben oui, toute l’eau était passée dans le radiateur, on était desséchés…), et nous font monter au chaud dans leur voiture. En tirant notre 4x4, les chauffeurs redressent le capot, et c’est reparti. On les suit à 10 à l’heure dans l’autre voiture, en s’arrêtant toutes les 5 minutes pour remettre de l’eau dans le radiateur, et on se dit qu’on n’est pas arrivé à Tupiza. Mais soudain, pinchada ! Ben oui, ça faisait longtemps, le pneu réparé à la rustine n’a pas tenu, et re-changement de roue… avec la roue de secours de l’autre 4x4 ! Et on repart, il nous reste 70 kilomètres à faire… Au bout de 2 heures, on voit arriver la voiture promise, un petit bolivien en sort, nous y montons, avec la cuisinière et un autre chauffeur. Et on peut enfin repartir à vitesse normale, et nous arrivons tous à Tupiza à 22h30. Nous négocions la nuit de Yannick et Stéphane dans notre chambre-dortoir à l’agence, et nous partons à la recherche d’un endroit où l’on puisse encore manger, trop heureux d’être encore entier, assoiffés, affamés, crevés, encore plus en sachant que notre bus pour l’Argentine part à 4 heures du matin.
Autour d’une pizza, Yannick et Stéphane nous racontent leur séjour en Argentine et en Bolivie, en nous expliquant qu’ils sont les rois de la galère. Et ça se révélera vrai : après 2 heures de sommeil, un trajet en bus bolivien jusqu’à la frontière, nous avons 20 minutes pour passer la douane argentine et attraper notre bus. Normalement, on est large… mais un douanier Argentin nous regarde arriver avec un grand sourire, et nous devons tous les quatre vider nos sacs à dos entièrement (et dans le cas des deux gars, c’est compliqué, parce qu’ils ont en plus du sac à dos des valises à roulettes et des sacs de souvenirs, accumulés durant leur six semaines en Argentine). J’essaie de lui faire pitié en lui disant qu’on a le bus à prendre, mais ça le fait rire, il prend son pied, et je me retiens de ne pas lui montrer mon majeur. Bref, on saute vite dans un taxi en espérant attraper le bus et le faire attendre, mais on le rate à trois minutes, et on est parti pour deux heures et demie d’attente. Yannick et Stéphane arrivent dans le taxi suivant, et le chauffeur leur prend la tête pour un billet au coin déchiré. Il repart, et là, Yannick s’aperçoit qu’il lui manque sa petite valise. Le chauffeur l’a occupé pendant qu’on la lui volait. Il part donc au commissariat faire une déclaration, qui bien sûr n’aboutira à rien, le taxi jurant qu’il n’a rien à voir là-dedans.
Enfin bref, après six autres heures de bus, nous voici de nouveau à Salta. On avait prévu de partir dès le lendemain matin pour deux jours à Cafayate, mais nous étions tellement crevés que nous sommes restés à Salta et avons fait un jour off. L’occasion de profiter du wi-fi et de mettre en ligne les photos de l’article précédent et celles de la Bolivie, si les coupures s’arrêtent. Ce soir, Asada (barbecue) à notre hôtel, et demain, Cafayate, mais à la journée, avec une agence, avec petite visite et dégustation de vin dans deux bodegas, avant de prendre l’avion pour Buenos Aires vendredi matin.
Un long article, mais beaucoup de choses à raconter sur notre semaine en Bolivie. Et malgré les galères, ce court séjour restera mémorable.
¡ Bolivia, no te olvidaré, vuelvo pronto!
Nous venons de passer une courte semaine dans le sud de la Bolivie. Après quelques heures de bus (encore…), nous sommes arrivés à la frontière bolivienne, et avons eu la chance de passer devant toute une file de locaux qui attendaient depuis deux heures, grâce à la tchatche d’un argentin qui était dans le bus avec nous. Arrivée donc à Villazon, la ville frontière du côté bolivien, et là, on voit tout de suite qu’on a quitté l’Argentine : costumes boliviens, stands de bouffe dans la rue, tout le bric à brac possible imaginable à vendre dans les magasins, un repas complet à 2 arrosé d’une bière pour 4 euros, bref, c’est déjà plus typique, et personnellement, ça me plait plus !
Puis départ en train pour Tupiza, après une petite visite médicale obligatoire à la gare, des fois qu’on leur refile la grippe A… Bien sûr, tout le monde répond « non » quand on nous demande si on a des symptômes, alors qu’on a tous le nez qui coule, normal quand on a quitté 36° en Europe pour arriver ici en plein hiver ! Conclusion : il faut mettre un masque en entrant dans le wagon, puis après, on peut l’enlever, c’est bon… Va comprendre !
Tupiza, c’est la ville perdue au milieu d’un décor de western, et qui dit western dit cheval. Et ici, pas de déguisement de gaucho, mais comme parait-il Butch Kassidy et le Kid ont fortement laissé leur empreinte, on déguise le touriste en cow-boy. Nous voilà donc partis pour 7 heures de randonnée à cheval, équipés de jambières en cuir, de bandanas, et surtout, de vrais chapeaux de cow-boy en cuir. Et non, on n’a pas du tout l’air ridicule ! Et c’est vrai que les paysages sont exceptionnels,époustouflants, magnifiques, hallucinants, encore une fois, pas de mots. Et la randonnée à cheval était géniale : rien à voir avec notre petite ballade au pas à San Lorenzo… Là, traversée de canyons et de rivières au galop, sous un soleil de plomb, un vrai, vrai goût de western, on en vient même à se dire qu’on porte pas mal le chapeau en cuir… Ma petite sœur, tu peux être fière de nous, on a assuré, on a fait du grand galop dans la rivière, c’était magique !Le lendemain, départ pour un trip de quatre jours en 4x4, au départ de Tupiza, et en direction d’Uyuni. On s’est associé avec 2 Allemands, Tobias et Stéphanie, et dans la voiture avec nous, il y a Elmer le chauffeur et Gladys, la cuisinière. Bon, ça sonne pas très bolivien comme nom, plutôt genre soap à l’américaine, mais on fera avec… Après un départ, puis un retour au bout d’une heure à Tupiza pour récupérer la pochette contenant ma CB et ma réserve d’argent d’urgence oubliée à l’hôtel (bon, il fallait que ça m’arrive, ceux qui me connaissent bien savent que je perds toutes mes choses, mais maintenant, je fais super gaffe…), puis un re-départ, on commence à voir ce qui nous attend les 4 prochains jours : de bonnes rigolades avec nos potes allemands, un froid quasi-polaire, de looongues heures dans la voiture (et on a quelques vieilles douleurs bien placées du cheval de la veille…), et surtout des paysages magnifiques. Un petit échantillon ici, bien plus dans l'album, et encore plus dans l'ordinateur...

Je sais, je me répète, à chaque fois je dis que c’est hallucinant, mais pour l’instant, pour nous, l’Amérique du Sud, c’est ça : on tourne la tête, et là, on ouvre la bouche, et on fait « Wouaouh ! ». Et là, on a fait « Wouaouh ! » pendant quatre jours. Enfin, quand on ne claquait pas des dents. Et oui, la Bolivie, c’est haut et ça caille. L’hébergement est rudimentaire : pas de chauffage, de douche, ni d’électricité, on a prévu les accessoires en alpaga qui vont bien et les sacs de couchage grand froid (merci à ceux qui ont contribué à ce cadeau pour mon anniversaire, c’est grâce à vous si je n’ai pas été cryogénée pendant ce trip…). Première nuit à 3500m, 5°, on a de la chance, ça peut descendre jusqu’à – 20° en cette saison… Deuxième nuit à 4800 m, et malgré les feuilles de coca, un petit coup de « sorroche » (le mal de l’altitude) pour moi, avec quelques nausées. Et une température de -10°, on a de la chance, ça peut descendre à – 30° en cette saison. Troisième nuit dans un hôtel de sel, avec les lits en sel, les murs en sel, les lits en sel, au sol, du… sel ! Bon, là, on a dû repasser à 0°, on a de la chance, je ne vais pas vous la refaire. Le bonus de l’hôtel de sel, c’est la douche, (non, elle n’est pas en sel…), parce que jusque là, on avait juste un robinet glacé… Par contre, le top confort, c’est la nourriture : Gladys nous a gâtés, on s’est régalé, pancakes au petit-déjeuner, des légumes à volonté (et après l’Argentine et sa viande, on apprécie…), des fruits, des chocolats, des bonbons, des petits gâteaux, des plats succulents, bref, un vrai bonus !
On s’est levé tôt, très tôt, (et donc on s’est couché tôt, très tôt, après avoir appris aux Allemands à jouer au Shithead…), on a eu froid, très froid, et tout ça pour quoi ? Pour voir des paysages uniques : des montagnes, des volcans, des lagunes, des geysers (à 5150 mètres de haut, record définitivement battu), et pour terminer, le grandiose Salar d’Uyuni, quasiment 12 000 kilomètres carré de désert blanc, constitué par une couche de sel d’une épaisseur de 15 mètres. Un lever de soleil sur ce blanc à perte de vue, c’est un truc de dingue… et c’est aussi l’occasion de prendre des photos en utilisant la perspective… Une bonne heure où on s’est marré avec Tobias et Stephanie, une partie des résultats dans l’album photo... On a aussi vu des lamas, des vigognes, des renards, des chinchillas, des flamands roses, des oiseaux bizarres, un tatou, on a échappé au puma…On a laissé Tobias et Stephanie à Uyuni à 13 heures, et nous sommes repartis vers Tupiza avec Elmer et Gladys, à priori pour 5 heures de route. Et là, c’est le drame : nous sommes arrivés à Tupiza à 22H30, soit presque 10 heures plus tard. Alors, déjà, j’ai appris un nouveau mot, « Pinchamos », qui signifie : « On a crevé ». Donc première « pinchada », pas de roue de secours, on emprunte celle du 4x4 qui arrive quelques minutes après, puis au village, on leur rachète une roue de secours neuve. Et là, évidemment, n’importe quelle personne sensée en aurait racheté une pour nous aussi. Mais la Bolivie, c’est pas ça, et quelques kilomètres plus loin, pinchada ! Et c’est là qu’on a vu toute la mesure du système D à la bolivienne : démontage du pneu, réparation de la chambre à air avec une rustine, regonflage du pneu grâce à un petit gonfleur monté sur le moteur, et hop, c’est reparti ! Bon, à ça, il faut rajouter que le radiateur fuit, et que le chauffeur a utilisé toute l’eau restante pour mettre dedans. Donc, il faut s’arrêter dès qu’il y a un ruisseau pour s’approvisionner. Bien sûr, on est sur une route bolivienne, ce qui équivaut à un de nos GR, mais large comme un 4x4 et demi, en bordure de précipice, on est en altitude, il y a un vent de dingue, donc ça caille. On a pris du retard, on est au milieu de nulle part, on en a un peu marre…
Et là, c’est la catastrophe : on percute un autre 4x4 qui arrivait en face dans un beau virage en lacet en bord de précipice, bien correctement. Franchement, on a eu une chance de dingue, nous n’avons rien eu, j’ai juste tapé le nez dans l’appui-tête de devant, et la voiture n’est pas parti en vrille dans le précipice. Après un constat à la bolivienne (une grosse engueulade, tout le monde a raison, on ne peut pas se mettre d’accord, donc on part en disant qu’on ira à la police, photos prises par Fabien à l’appui…), on essaie de repartir, mais le capot avant défoncé frotte la roue et le radiateur qui fuyait est carrément en train de se vider sur la route. Nous sommes au milieu de nulle part, pas moyen de repartir, pas de signal téléphonique, on ne veut plus remonter dans le 4x4, on préfère braver le vent glacial… et on se dit que c’est pas gagné… La nuit est en train de tomber, le chauffeur a soit disant été à pied plus bas appeler du renfort, mais on pense qu’il dit ça juste pour nous calmer, parce qu’on était sérieusement en train de péter les plombs après plus d’une demi-heure sur le bas côté… Et là, arrive un autre 4x4, et en sortent deux français, Stéphane et Yannick. On n’a jamais été aussi content de rencontrer des français à l’autre bout du monde… Leur chauffeur décide de dépanner notre voiture, ils nous promettent de ne pas nous laisser au milieu de nulle part comme ça, nous donne de l’eau (ben oui, toute l’eau était passée dans le radiateur, on était desséchés…), et nous font monter au chaud dans leur voiture. En tirant notre 4x4, les chauffeurs redressent le capot, et c’est reparti. On les suit à 10 à l’heure dans l’autre voiture, en s’arrêtant toutes les 5 minutes pour remettre de l’eau dans le radiateur, et on se dit qu’on n’est pas arrivé à Tupiza. Mais soudain, pinchada ! Ben oui, ça faisait longtemps, le pneu réparé à la rustine n’a pas tenu, et re-changement de roue… avec la roue de secours de l’autre 4x4 ! Et on repart, il nous reste 70 kilomètres à faire… Au bout de 2 heures, on voit arriver la voiture promise, un petit bolivien en sort, nous y montons, avec la cuisinière et un autre chauffeur. Et on peut enfin repartir à vitesse normale, et nous arrivons tous à Tupiza à 22h30. Nous négocions la nuit de Yannick et Stéphane dans notre chambre-dortoir à l’agence, et nous partons à la recherche d’un endroit où l’on puisse encore manger, trop heureux d’être encore entier, assoiffés, affamés, crevés, encore plus en sachant que notre bus pour l’Argentine part à 4 heures du matin.Autour d’une pizza, Yannick et Stéphane nous racontent leur séjour en Argentine et en Bolivie, en nous expliquant qu’ils sont les rois de la galère. Et ça se révélera vrai : après 2 heures de sommeil, un trajet en bus bolivien jusqu’à la frontière, nous avons 20 minutes pour passer la douane argentine et attraper notre bus. Normalement, on est large… mais un douanier Argentin nous regarde arriver avec un grand sourire, et nous devons tous les quatre vider nos sacs à dos entièrement (et dans le cas des deux gars, c’est compliqué, parce qu’ils ont en plus du sac à dos des valises à roulettes et des sacs de souvenirs, accumulés durant leur six semaines en Argentine). J’essaie de lui faire pitié en lui disant qu’on a le bus à prendre, mais ça le fait rire, il prend son pied, et je me retiens de ne pas lui montrer mon majeur. Bref, on saute vite dans un taxi en espérant attraper le bus et le faire attendre, mais on le rate à trois minutes, et on est parti pour deux heures et demie d’attente. Yannick et Stéphane arrivent dans le taxi suivant, et le chauffeur leur prend la tête pour un billet au coin déchiré. Il repart, et là, Yannick s’aperçoit qu’il lui manque sa petite valise. Le chauffeur l’a occupé pendant qu’on la lui volait. Il part donc au commissariat faire une déclaration, qui bien sûr n’aboutira à rien, le taxi jurant qu’il n’a rien à voir là-dedans.
Enfin bref, après six autres heures de bus, nous voici de nouveau à Salta. On avait prévu de partir dès le lendemain matin pour deux jours à Cafayate, mais nous étions tellement crevés que nous sommes restés à Salta et avons fait un jour off. L’occasion de profiter du wi-fi et de mettre en ligne les photos de l’article précédent et celles de la Bolivie, si les coupures s’arrêtent. Ce soir, Asada (barbecue) à notre hôtel, et demain, Cafayate, mais à la journée, avec une agence, avec petite visite et dégustation de vin dans deux bodegas, avant de prendre l’avion pour Buenos Aires vendredi matin.
Un long article, mais beaucoup de choses à raconter sur notre semaine en Bolivie. Et malgré les galères, ce court séjour restera mémorable.
¡ Bolivia, no te olvidaré, vuelvo pronto!
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