Torres del Paine
Le Torres del Paine au Chili, c’était une étape incontournable de mon voyage. Le W, le trek le plus accessible du parc est aussi un des plus réputés d’Amérique du Sud, et franchement, il est à la hauteur de cette réputation.
Mon coéquipier de trekking, Ralph, et moi sommes arrivés samedi soir à Puerto Natales, ma première étape chilienne. Il fait froid, très froid, et les moments de soleil alternent en permanence avec les tempêtes de neige, bref, un vrai climat de Patagonie. Puerto Natales, ce n’est pas superbe, mais c’est là que la logistique pour le trek se met en place. Après une première pizza chilienne, et une bonne nuit pour récupérer des quinze heures de bus, nous rencontrons le groupe de trekkeur rentrés à l’hôtel la veille, et là, c’est un peu la panique : ils ont tout fait en refuge alors que nous, nous avons prévu de camper, et nous disent qu’il fait vraiment froid, que nous allons nous geler. En ce qui me concerne, le trek ne me fait pas peur, et ça ne me dérange pas de porter les affaires de camping ou encore la nourriture, mais en revanche, avoir froid la nuit, ça, ça me fait flipper. Et mon coéquipier n’est pas là pour me rassurer, il est super inquiet pour tout, moi qui m’étais dit qu’un gars plus âgé en voyage depuis deux ans, ce serait un sacré soutien, pour le coup, c’est raté. Il fait une tentative de montage de tente dans le jardin de l’hôtel, et là, je prends peur… C’est moi qui la monterai ! Nous partons au ravitaillement (principalement pâtes, soupes et porridge), et passons la soirée avec le reste du groupe autour d’une soupe collective et de quelques bonnes bouteilles de vin chilien.
Lundi, c’est le départ : trois heures de bus jusqu’au parc, puis première marche d’une heure avec le sac sur le dos (une bonne douzaine de kilos quand même, je n’ai pas l’habitude…) afin d’apprécier la force du vent : 50 à 60 kilomètres/heure, un vent à décorner tous les bœufs argentins et chiliens. Nous prenons le catamaran qui nous amène au premier campement. Et franchement, c’est grand luxe : je pensais qu’on allait vraiment en chier, que partir en autosuffisance sans mules et sans cuistot, ce serait galère, mais là, au camp, on a une pièce pour cuisiner et manger au chaud, et des douches… On se prenait pour des warriors, mais en fait, le parc est aménagé pour accueillir la manne touristique qui l’envahit d’Octobre à Mars. On monte la tente (enfin surtout moi…), on laisse les sacs, et on part marcher sur la première branche du W, avec pour objectif le glacier Grey. Marche facile, onze kilomètres, trois heures et demie annoncées jusqu’au glacier. Ralph court presque, j’ai du mal à le suivre (il a quand même des jambes plus grandes
que les miennes…), et on est loin de ce qu’on avait convenu avant de partir, à savoir y aller tranquille et en profiter. Je le laisse partir devant avec le petit sac à dos : grave erreur ! Il se sauve en courant comme un lapin, et je le recroise trois heures plus tard. Je suis un peu énervée d’être restée sans nourriture et surtout sans eau pendant trois heures, mais il n’a pas l’air de comprendre le problème, il est allé encore plus loin que le glacier, jusqu’à un camp d’alpinisme. Entre deux en revanche, je suis arrivée au glacier Grey après avoir profité d’un paysage grandiose, et là, ouah… impressionnant… Je retourne au camp, le tout en cinq heures, donc bien loin des sept heures prévues, et profite de la douche chaude. Le vent est impressionnant, et les rafales me déséquilibrent, mais finalement, le soir, nous n’avons pas froid dans la tente, ce qui est un sacré soulagement.
Le lendemain, nous partons tôt car la journée est chargée. Nous devons rejoindre un campement intermédiaire où nous pourrons laisser les gros sacs à dos. Ralph file devant, je garde le petit sac, j’en porterai deux, tant pis, pas
question de me retrouver en galère comme la veille. En plus, il était excité comme une puce dès le matin et m’a réveillée en criant sa joie, et je n’ai pas vraiment apprécié (ceux qui m’ont déjà vue au réveil comprendront…), surtout après le coup qu’il m’avait fait la veille. Il décide de toutes façons de prendre son repas du midi, parce qu’il veut marcher vite. Bon, là, j’ai encore un peu plus les boules, parce que moi, je ne lui ai rien demandé, c’est lui qui a voulu se joindre à moi pour le trek, qui m’a dit vouloir le faire tranquille avec quelqu’un. Et à l’arrivée, je me retrouve seule à marcher toute la journée, alors que si j’avais su, j’aurais facilement pu trouver quelqu’un d’autre à Puerto Natales. Pas grave, ça ne me dérange pas tant que ça d’être seule, surtout pour apprécier la beauté du parc. Après les deux heures de marche jusqu’au premier camp, je pose mon sac et attaque la montée vers la vallée des français. Le paysage et la vue sont magnifiques, il fait froid et il y a du vent et un peu de neige, mais la vue sur les Cuernos, un des massifs du parc, est magnifique. Le clou du spectacle de la
journée, c’est la vue panoramique depuis un cirque, avec d’un côté le lac Grey, de l’autre un glacier, et de l’autre les Cuernos. C’est hallucinant, certainement ce que j’ai vu de plus beau en terme de paysages de montagne. Je redescends vers le campement intermédiaire, reprend mon sac et repars pour deux heures de marche pour rejoindre le camp pour la nuit. Tout le chemin longe le lac Grey, c’est encore une fois magnifique, je vous laisse apprécier les photos. Mon coéquipier est déjà là depuis un moment, mais n’a pas monté la tente, évidemment. Et comme je suis bien énervée après lui, quand il essaie d’équilibrer la tente en glissant une pierre dessous, je n’arrive pas à m’obliger à lui parler comme s’il avait un cerveau, et je crois que ça l’a vexé. Bon en même temps, ce n’est pas la première absurdité qu’il me fait, et là, j’avoue, j’en ai marre. Je me retrouve seule pour trekker, je porte plus de poids que lui à l’arrivée, je dois monter la tente si je veux qu’elle tienne, et en plus, c’est un vrai boulet. Aucun avantage, que les inconvénients, et je crois qu’il a compris. Je passe de toute façon une bonne soirée avec les autres, tous rhônalpins, le retour aux sources, ça fait du bien…
Le lendemain, je pars marcher avec Violaine, une grenobloise rencontrée la veille. C’est parti pour quatre heures et demie avec le gros sac à dos, mais ça passe tout seul quand on est en bonne compagnie. Mon allemand m’a excédée le matin avant de partir, je reviens donc sur ce que j’ai dit, et je n’ai absolument plus aucune envie de passer la soirée avec lui. Il y a des binômes qui ne fonctionnent pas, c’était le cas du nôtre, tant pis… Le temps s’est gâté et nous décidons quand même de nous attaquer à la dernière branche du W, celle qui monte jusqu’au point de vue sur les Torres, les Tours, montagnes qui donnent leur nom au parc. Ce sera une heure et demie d’ascension sous une pluie glaciale, pour une vue des Torres plus que limitée. C’est pas grave, on redescend au refuge trempées et gelées, mais heureuses d’avoir atteint la fin du parcours, et la vue était quand même sympa… Nous passons la soirée dans le refuge, j’ai décidé de profiter du restaurant, et de partager une excellente bouteille de vin avec mon excellente coéquipière. Nous terminons la soirée vannées, en espagnol avec un couple de Barcelonais et un Chilien.
Quatrième et denier jour, on se lève sous la pluie, et nous prenons notre temps. Il ne nous reste qu’à redescendre pour attraper la navette deux heures plus bas. C’est tranquillement qu’on remet les sacs sur le dos, et que nous attaquons la descente avec Julie, une autre grenobloise, et son copain Christophe. Nous pique-niquons sur la pelouse de l’hôtel de luxe installée en bas, et prenons la navette qui nous ramène au bus pour Puerto Natales. Entre deux, le temps s’est dégagé, et on a enfin notre vue sur les Torres, même si on est loin du point de vue du mirador de la veille.

Ces quatre jours ont été magnifiques, le parc Torres del Paine est à la hauteur de sa réputation, une alternance de paysages incroyables. Là, j’ai vu la Patagonie dont j’avais rêvée, voire même plus encore. Ca a été 76 kilomètres magiques, malgré le mal de dos, la pluie, le vent, les ampoules, ou le mauvais choix de coéquipier. Violaine, si tu passes par là, merci pour ces deux jours, c’était vraiment buena onda !
Là, je repars vers l’Argentine pour ma prochaine étape patagonienne. Le voyage s’accélère, je dois être à Santiago dans deux semaines pour m’envoler vers l’île de Pâques, et je vais devoir faire une croix sur une étape prévue. Alors que depuis trois mois, j’avais, et surtout prenais, le temps, j’ai maintenant l’impression d’avoir perdu un peu de « qualité de vie », je suis redevenue une touriste comme les autres qui court d’un bus à un avion, et j’aime pas. Plus de jour off avant un moment, c’est certain…
J’ai une pensée pour Marie-Christine, la maman de Fabien, qui va passer une semaine pas vraiment agréable : en espérant que tout se passe bien et que vous puissiez bientôt lire ces lignes ! Grosses bises.
Mon coéquipier de trekking, Ralph, et moi sommes arrivés samedi soir à Puerto Natales, ma première étape chilienne. Il fait froid, très froid, et les moments de soleil alternent en permanence avec les tempêtes de neige, bref, un vrai climat de Patagonie. Puerto Natales, ce n’est pas superbe, mais c’est là que la logistique pour le trek se met en place. Après une première pizza chilienne, et une bonne nuit pour récupérer des quinze heures de bus, nous rencontrons le groupe de trekkeur rentrés à l’hôtel la veille, et là, c’est un peu la panique : ils ont tout fait en refuge alors que nous, nous avons prévu de camper, et nous disent qu’il fait vraiment froid, que nous allons nous geler. En ce qui me concerne, le trek ne me fait pas peur, et ça ne me dérange pas de porter les affaires de camping ou encore la nourriture, mais en revanche, avoir froid la nuit, ça, ça me fait flipper. Et mon coéquipier n’est pas là pour me rassurer, il est super inquiet pour tout, moi qui m’étais dit qu’un gars plus âgé en voyage depuis deux ans, ce serait un sacré soutien, pour le coup, c’est raté. Il fait une tentative de montage de tente dans le jardin de l’hôtel, et là, je prends peur… C’est moi qui la monterai ! Nous partons au ravitaillement (principalement pâtes, soupes et porridge), et passons la soirée avec le reste du groupe autour d’une soupe collective et de quelques bonnes bouteilles de vin chilien.
Lundi, c’est le départ : trois heures de bus jusqu’au parc, puis première marche d’une heure avec le sac sur le dos (une bonne douzaine de kilos quand même, je n’ai pas l’habitude…) afin d’apprécier la force du vent : 50 à 60 kilomètres/heure, un vent à décorner tous les bœufs argentins et chiliens. Nous prenons le catamaran qui nous amène au premier campement. Et franchement, c’est grand luxe : je pensais qu’on allait vraiment en chier, que partir en autosuffisance sans mules et sans cuistot, ce serait galère, mais là, au camp, on a une pièce pour cuisiner et manger au chaud, et des douches… On se prenait pour des warriors, mais en fait, le parc est aménagé pour accueillir la manne touristique qui l’envahit d’Octobre à Mars. On monte la tente (enfin surtout moi…), on laisse les sacs, et on part marcher sur la première branche du W, avec pour objectif le glacier Grey. Marche facile, onze kilomètres, trois heures et demie annoncées jusqu’au glacier. Ralph court presque, j’ai du mal à le suivre (il a quand même des jambes plus grandes
que les miennes…), et on est loin de ce qu’on avait convenu avant de partir, à savoir y aller tranquille et en profiter. Je le laisse partir devant avec le petit sac à dos : grave erreur ! Il se sauve en courant comme un lapin, et je le recroise trois heures plus tard. Je suis un peu énervée d’être restée sans nourriture et surtout sans eau pendant trois heures, mais il n’a pas l’air de comprendre le problème, il est allé encore plus loin que le glacier, jusqu’à un camp d’alpinisme. Entre deux en revanche, je suis arrivée au glacier Grey après avoir profité d’un paysage grandiose, et là, ouah… impressionnant… Je retourne au camp, le tout en cinq heures, donc bien loin des sept heures prévues, et profite de la douche chaude. Le vent est impressionnant, et les rafales me déséquilibrent, mais finalement, le soir, nous n’avons pas froid dans la tente, ce qui est un sacré soulagement.Le lendemain, nous partons tôt car la journée est chargée. Nous devons rejoindre un campement intermédiaire où nous pourrons laisser les gros sacs à dos. Ralph file devant, je garde le petit sac, j’en porterai deux, tant pis, pas
question de me retrouver en galère comme la veille. En plus, il était excité comme une puce dès le matin et m’a réveillée en criant sa joie, et je n’ai pas vraiment apprécié (ceux qui m’ont déjà vue au réveil comprendront…), surtout après le coup qu’il m’avait fait la veille. Il décide de toutes façons de prendre son repas du midi, parce qu’il veut marcher vite. Bon, là, j’ai encore un peu plus les boules, parce que moi, je ne lui ai rien demandé, c’est lui qui a voulu se joindre à moi pour le trek, qui m’a dit vouloir le faire tranquille avec quelqu’un. Et à l’arrivée, je me retrouve seule à marcher toute la journée, alors que si j’avais su, j’aurais facilement pu trouver quelqu’un d’autre à Puerto Natales. Pas grave, ça ne me dérange pas tant que ça d’être seule, surtout pour apprécier la beauté du parc. Après les deux heures de marche jusqu’au premier camp, je pose mon sac et attaque la montée vers la vallée des français. Le paysage et la vue sont magnifiques, il fait froid et il y a du vent et un peu de neige, mais la vue sur les Cuernos, un des massifs du parc, est magnifique. Le clou du spectacle de la
journée, c’est la vue panoramique depuis un cirque, avec d’un côté le lac Grey, de l’autre un glacier, et de l’autre les Cuernos. C’est hallucinant, certainement ce que j’ai vu de plus beau en terme de paysages de montagne. Je redescends vers le campement intermédiaire, reprend mon sac et repars pour deux heures de marche pour rejoindre le camp pour la nuit. Tout le chemin longe le lac Grey, c’est encore une fois magnifique, je vous laisse apprécier les photos. Mon coéquipier est déjà là depuis un moment, mais n’a pas monté la tente, évidemment. Et comme je suis bien énervée après lui, quand il essaie d’équilibrer la tente en glissant une pierre dessous, je n’arrive pas à m’obliger à lui parler comme s’il avait un cerveau, et je crois que ça l’a vexé. Bon en même temps, ce n’est pas la première absurdité qu’il me fait, et là, j’avoue, j’en ai marre. Je me retrouve seule pour trekker, je porte plus de poids que lui à l’arrivée, je dois monter la tente si je veux qu’elle tienne, et en plus, c’est un vrai boulet. Aucun avantage, que les inconvénients, et je crois qu’il a compris. Je passe de toute façon une bonne soirée avec les autres, tous rhônalpins, le retour aux sources, ça fait du bien…
Le lendemain, je pars marcher avec Violaine, une grenobloise rencontrée la veille. C’est parti pour quatre heures et demie avec le gros sac à dos, mais ça passe tout seul quand on est en bonne compagnie. Mon allemand m’a excédée le matin avant de partir, je reviens donc sur ce que j’ai dit, et je n’ai absolument plus aucune envie de passer la soirée avec lui. Il y a des binômes qui ne fonctionnent pas, c’était le cas du nôtre, tant pis… Le temps s’est gâté et nous décidons quand même de nous attaquer à la dernière branche du W, celle qui monte jusqu’au point de vue sur les Torres, les Tours, montagnes qui donnent leur nom au parc. Ce sera une heure et demie d’ascension sous une pluie glaciale, pour une vue des Torres plus que limitée. C’est pas grave, on redescend au refuge trempées et gelées, mais heureuses d’avoir atteint la fin du parcours, et la vue était quand même sympa… Nous passons la soirée dans le refuge, j’ai décidé de profiter du restaurant, et de partager une excellente bouteille de vin avec mon excellente coéquipière. Nous terminons la soirée vannées, en espagnol avec un couple de Barcelonais et un Chilien.Quatrième et denier jour, on se lève sous la pluie, et nous prenons notre temps. Il ne nous reste qu’à redescendre pour attraper la navette deux heures plus bas. C’est tranquillement qu’on remet les sacs sur le dos, et que nous attaquons la descente avec Julie, une autre grenobloise, et son copain Christophe. Nous pique-niquons sur la pelouse de l’hôtel de luxe installée en bas, et prenons la navette qui nous ramène au bus pour Puerto Natales. Entre deux, le temps s’est dégagé, et on a enfin notre vue sur les Torres, même si on est loin du point de vue du mirador de la veille.

Ces quatre jours ont été magnifiques, le parc Torres del Paine est à la hauteur de sa réputation, une alternance de paysages incroyables. Là, j’ai vu la Patagonie dont j’avais rêvée, voire même plus encore. Ca a été 76 kilomètres magiques, malgré le mal de dos, la pluie, le vent, les ampoules, ou le mauvais choix de coéquipier. Violaine, si tu passes par là, merci pour ces deux jours, c’était vraiment buena onda !
Là, je repars vers l’Argentine pour ma prochaine étape patagonienne. Le voyage s’accélère, je dois être à Santiago dans deux semaines pour m’envoler vers l’île de Pâques, et je vais devoir faire une croix sur une étape prévue. Alors que depuis trois mois, j’avais, et surtout prenais, le temps, j’ai maintenant l’impression d’avoir perdu un peu de « qualité de vie », je suis redevenue une touriste comme les autres qui court d’un bus à un avion, et j’aime pas. Plus de jour off avant un moment, c’est certain…
J’ai une pensée pour Marie-Christine, la maman de Fabien, qui va passer une semaine pas vraiment agréable : en espérant que tout se passe bien et que vous puissiez bientôt lire ces lignes ! Grosses bises.
Publicité