De Kalaw à Inlay

Publié le par Ophelie

P1150135Une dizaine d’heures de bus tape-cul depuis Bagan, heures rythmées par les cris du chauffeur-assistant et par les vomis des Birmans par les fenêtres du bus, et nous arrivons dans la ville de Kalaw, perdue dans la montagne. On a choisi de s’y arrêter, puis de rejoindre le lac Inlay à pied, en trois jours. On consacre donc notre fin d’après-midi à s’informer des possibilités de trek auprès des différentes agences. Le lendemain, c’est jour de grand marché, et on passe une bonne partie de la journée à arpenter les rues entre les étals, appareils-photo à la main. Toutes les femmes des différentes tribus vivant dans les montagnes autour de Kalaw descendent pour vendre leurs produits, en costume local, et c’est un beau spectacle, tout en bruits et couleurs. Nous partons ensuite à pied pour une petite ballade autour de la ville, et pour la première fois, on se rend compte que le pays est sous contrôle de la junte militaire : nous arrivons par des petits chemins jusqu’à une sorte de village où les maisons sont toutes en dur, ce qui est assez rare au Myanmar, et sommes vite arrêtées par un homme qui nous oblige à repartir dans la direction opposée, jusqu’à un poste de contrôle militaire. Là, rapide interrogatoire : d’où vient-on, que fait-on là, puis obligation de quitter la zone et de rejoindre la route principale.

Le soir, nous retournons booker notre trek à l’agence que l’on a choisie, qui est également un excellent restaurant, et on y retrouve par hasard Stéphane, croisé à Yangon, qui parcourt le pays à vélo. Et là, il nous raconte son parcours : parti de Yangon pour rejoindre Kalaw, il est passé à vélo près de la future nouvelle capitale encore en construction. Là-bas, il s’est fait arrêter par des militaires qui l’ont interrogé, et lui ont imposé une escorte pour continuer jusqu’à la prochaine grande ville. Pour construire la capitale, le gouvernement à déporté la population, et les gens vivent apparemment dans des camps et sont contraint à casser des cailloux, adultes comme enfants, pour refaire la route. Il sera escorté pendant deux jours, sans aucun choix pour les arrêts, les hôtels ou les restaurants, sous surveillance militaire constante. Ca remet un peu les choses en perspective, parce qu’en temps que touristes, on voit uniquement ce qu’on nous laisse voir, et on aurait presque tendance à penser que le régime politique n’est pas si terrible que ça. Sur ces considérations, belle surprise, Anne et Christian arrivent pour manger dans le même restaurant. On ne s’était pas revus depuis l’arrivée à Bagan, et je désespérais un peu de les croiser. On parle de notre trek du lendemain, et ils décident de partir pour deux jours et de nous rejoindre sur la dernière partie. Cool !

Et nous voilà donc parties pour trois jours et une soixantaine de kilomètres de marche dans la montagne, avec notre guide, Sunny, notre cuisinier, Myo, et Mike, un Suisse croisé au petit-déjeuner, et qui a décidé P1160199de se joindre à nous en dernière minute. Cette première journée nous mène de village en village, jusqu’à celui où nous passerons la nuit. Les paysages sont superbes, encore une fois, et l’accueil toujours aussi chaleureux, sauf, et ça, ce sera la déception de ces trois jours, chez nos hôtes pour la nuit. La famille nous adresse à peine la parole, nous mangeons à part, et il n’y a aucun échange. La soirée est quand même très sympa, la cuisine de Myo est trop bonne, et la musique et le rhum apporté par Mike bien appréciés.  On aura même droit à une petite séance de voyance par Myo, qui a trouvé en moi sa jumelle d’empreintes digitales (je suis donc sa petite sœur à vie…), et qui a prédit plutôt des bonnes choses à Marion, mais n’a pas voulu me dire ce qu’il avait lu dans ma main…

Après une nuit passée sur le plancher au-dessus des vaches, je me réveille couverte de piqures de bestioles, à ajouter à la liste de mes petits bobos que laquelle figure déjà en première place les énormes ampoules dues à mes chaussures neuves. Pas grave, on se régale P1160195encore pour le petit-dej, et on part vers un autre village pour assister à un mariage dans une des tribus. Les gens des villages voisins viennent en costume traditionnel saluer les mariés, leur donner quelques billets et manger l’impressionnante quantité de plats préparés pour l’occasion. On fait pareil, et on quitte le village en fin de matinée l’estomac bien rempli. L’après-midi, les paysages changent à mesure qu’on descend dans la vallée, et les terrasses vertes laissent la place à des champs de gingembre ou de piment. En fin d’après-midi, nous atteignons l’endroit où nous allons passer la nuit, un monastère. Dans la cour, les petits novices en costume de moines courent dans tous les sens et jouent avec les chiens. Le cadre est calme et agréable. La soirée se passe comme la précédente, excellent repas, rhum et musique, la langue de Myo se délie un peu, et il nous raconte qu’ils n’ont pas accès au genre de musique que nous lui faisons écouter, que le gouvernement contrôle et censure tout. Nous leur promettons de leur faire un CD avant de partir, et Mike leur donnera même son vieux lecteur MP3 pour qu’il puisse écouter de la musique lorsqu’ils partent en trek. Le lendemain matin, nous sommes réveillés par le champ des novices. Nous nous remettons en route et rejoignons vite Anne et Christian, avec qui nous terminons le trek. Je fais la dernière partie  en tongs, les pieds à vif, et nous atteignons finalement le sud du lac. Après un repas arrosé de jus de coco fraîche, nous grimpons tous dans un bateau et rejoignons Nyangshwe, le village à l’extrême nord du lac, où se trouve les guesthouses et restaurants qui sont dans notre budget, et le trajet d’une heure donne déjà un bel aperçu de la magie de l’endroit. Ca tombe bien, on a prévu d’y rester quelques jours, pour finir ce séjour birman en douceur…

Publicité

Publié dans Myanmar

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
V
<br /> Bon, je propose une nouvelle version :<br /> Si en montagne ceviche tu veux, en chier tu vas...<br /> <br /> J'imagine bien que Bangkok n'était pas le lieu idéal pour tester de nouvelles pompes. Bravo d'avoir marcher malgré les ampoules ! See you soon.<br /> <br /> <br />
Répondre
V
<br /> Des chaussures neuves avant un trek, c'est comme manger un ceviche au milieu des montagnes péruviennes... avant un trek (nouveau dicton).<br /> <br /> <br />
Répondre
O
<br /> Non, c'est pas pareil, parce que le ceviche était juste un choix stupide, alors que les chaussures neuves, pas vraiment le choix, pas question de les etrenner à Bangkok par 35°... J'adhère au<br /> dicton du ceviche, qu'il faut faire rimer pour qu'il soit percutant:<br /> Si dans un boui-boui tu manges un ceviche, tout au long du trek tu vas en chier...<br /> <br /> <br />
C
<br /> tjs prem's, ouf ! ce soir tarot, y en a une ki va râler mdrrrr<br /> en + j'ai lu l article 2 avant l'article 1, ptdrrr<br /> en tout cas, tes photos sont toujours aussi belles, et m^ sans shopping je suis tjs aussi tentée. par contre c qd m^ dingue k ils soient contrôlés à tel point k'ils ne puissent m^ pas écouter la<br /> musique de leur choix, c fou ! j ai hâte de lire ton prochain blog sur le Vietnam, et dans l'attente je te fais encore pleins de bizzzz XXX<br /> <br /> <br />
Répondre
O
<br /> Blog sur le Vietnam en ligne, depêche-toi si tu veux conforter ton avance, quoi que vue l'heure en France, il y a plus de chances que ce soit Lolo prem's!!! Je te fais encore des bisous, pour<br /> changer...<br /> <br /> <br />